{"id":16518,"title":"Ann Veronica Janssens - 2014 - Chapelle Saint-Vincent à Grignan [FR, essay]","dimensions":"2 p.","date_begin":null,"material":"","art_status_id":13,"legal_status_id":47,"category_id":25,"platform_id":1,"deleted":false,"asset_count":2,"stream_count":0,"collection":"Hans Theys Archive / Archief Hans Theys","cached_tag_list":"","publishing_process_id":1,"annotation":"","date_end":null,"reference":"","stream_count_app":24,"permalink":"ann-veronica-janssens-chapelle-saint-vincent-a-grignan","description_ca":"","short_description_ca":"","description_it":"","short_description_it":"","cached_primary_asset_url":null,"cached_actor_names":"Ann Veronica Janssens","hide_from_json":true,"prev_platform_id":null,"description_uk":null,"short_description_uk":null,"description_tr":null,"short_description_tr":null,"mhka_works":false,"category":{"en":"Text","nl":"Tekst","fr":"Texte"},"poster_image":null,"poster_credits":null,"translations":[{"locale":"en","short_description":"","description":"\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n__________\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHans Theys\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eChapelle Saint-Vincent \u0026agrave; Grignan\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eA propos d\u0026rsquo;une proposition sculpturale de Ann Veronica Janssens\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cem\u003eActuellement, Ann Veronica Janssens (\u0026deg;1956) est sans doute l\u0026rsquo;artiste f\u0026eacute;minine contemporaine la plus c\u0026eacute;l\u0026egrave;bre de la partie francophone de notre pays. En 1979, elle a \u0026eacute;t\u0026eacute; la laur\u0026eacute;ate du Prix Jeune Peinture belge avec un travail de fin d\u0026rsquo;\u0026eacute;tudes \u0026agrave; La Cambre. Depuis lors, c\u0026rsquo;est \u0026agrave; une cadence ininterrompue qu\u0026rsquo;elle formule des propositions sculpturales minimales qui invitent \u0026agrave; une perception nouvelle de certains espaces ou ph\u0026eacute;nom\u0026egrave;nes. \u003c/em\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nBrouillard\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eEn 1997, elle remplit quelques salles du M HKA \u0026agrave; Anvers d\u0026rsquo;une vapeur d\u0026rsquo;huile qui, conjugu\u0026eacute;e aux murs, plafond et sol blancs, \u0026eacute;voque un banc de brume. En 2000, elle r\u0026eacute;alise, en compl\u0026eacute;ment \u0026agrave; une chor\u0026eacute;graphie de Pierre Droulers, une installation sculpturale o\u0026ugrave; ce brouillard se teinte de lumi\u0026egrave;re artificielle, cr\u0026eacute;ant l\u0026rsquo;illusion d\u0026rsquo;un coucher de soleil qui aurait bascul\u0026eacute; \u0026agrave; l\u0026rsquo;horizontale et dans lequel on peut se promener. Ce qui la fascine, c\u0026rsquo;est le fait que l\u0026rsquo;on puisse rendre presque tangible le passage entre deux ou plusieurs couleurs \u0026agrave; l\u0026rsquo;aide d\u0026rsquo;un support pratiquement intangible. En 2001, \u0026agrave; l\u0026rsquo;occasion d\u0026rsquo;une exposition \u0026agrave; la Nationalgalerie de Berlin, elle fait un pas de plus en collant des films color\u0026eacute;s sur les parois transparentes d\u0026rsquo;un container; les spectateurs qui p\u0026eacute;n\u0026egrave;trent dans l\u0026rsquo;espace se retrouvent plong\u0026eacute;s dans une lumi\u0026egrave;re de jour color\u0026eacute;e. En 2003, elle remplit de brouillard tout le rez-de-chauss\u0026eacute;e de la Kunsthalle de Bern et colle des films couleurs sur les fen\u0026ecirc;tres. En un mot, de cette intervention unique en 1997 au M HKA sont issues des dizaines de propositions sculpturales dont, finalement, sa contribution \u0026agrave; la Chapelle Saint-Vincent \u0026agrave; Grignan.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eLangage de la lumi\u0026egrave;re\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eAnn Veronica Janssens n\u0026rsquo;aime pas les interviews. Elle ne r\u0026eacute;pond pas aux questions qui commencent par \u0026lsquo;pourquoi\u0026rsquo;. Elle tient \u0026eacute;galement \u0026agrave; sa propre description de ses \u0026oelig;uvres. Un amoncellement de blocs de b\u0026eacute;ton cellulaire qui surhaussent un escalier et le transforment en un poste de guet situ\u0026eacute; dans le prolongement de celui-ci, est d\u0026eacute;crit par elle comme \u0026ldquo;une forme qui \u0026eacute;pouse un escalier\u0026rdquo;. Celui qui veut d\u0026eacute;crire cette forme diff\u0026eacute;remment, comme je viens de faire, aidera peut-\u0026ecirc;tre le spectateur qui n\u0026rsquo;a jamais vu l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre, mais selon Ann Veronica Janssens, il porte \u0026eacute;galement pr\u0026eacute;judice \u0026agrave; cette \u0026oelig;uvre. C\u0026rsquo;est pourquoi elle ne peut pas \u0026ldquo;expliquer\u0026rdquo; son travail, et c\u0026rsquo;est pourquoi, en avril 2013, un mois avant l\u0026rsquo;ouverture de la chapelle et la publication du livre que lui consacre\u0026nbsp; Ronny Van de Velde, je ne l\u0026rsquo;ai pas interview\u0026eacute;e mais je lui ai simplement demand\u0026eacute; ce qu\u0026rsquo;elle a fait dans la chapelle.\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eNous sommes install\u0026eacute;s dans sa cuisine. Elle raconte que ce travail est issu d\u0026rsquo;un concours pour l\u0026rsquo;int\u0026eacute;gration d\u0026rsquo;une \u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art dans une chapelle romane. Cette chapelle pr\u0026eacute;sente quatre fen\u0026ecirc;tres o\u0026ugrave; Ann Veronica Janssens a fait placer quatre plaques de verre de dix centim\u0026egrave;tres d\u0026rsquo;\u0026eacute;paisseur. Autour de ces \u0026ldquo;monolithes\u0026rdquo;, comme elle les appelle, la lumi\u0026egrave;re du jour et l\u0026rsquo;air affluent. Apr\u0026egrave;s de longs conciliabules avec des ing\u0026eacute;nieurs, il a \u0026eacute;t\u0026eacute; d\u0026eacute;cid\u0026eacute; de ne pas int\u0026eacute;grer les monolithes \u0026agrave; un ch\u0026acirc;ssis en acier, mais de les ins\u0026eacute;rer \u0026agrave; 25 cm de profondeur dans le mur existant. Des corps de m\u0026eacute;tier locaux ont pratiqu\u0026eacute; les d\u0026eacute;coupes et ma\u0026ccedil;onn\u0026eacute; les fen\u0026ecirc;tres de 200 kilos pour les ench\u0026acirc;sser dans le mur de mani\u0026egrave;re traditionnelle. Les plaques de verre ont \u0026eacute;t\u0026eacute; coul\u0026eacute;es en Tch\u0026eacute;quie. Leur refroidissement \u0026agrave; lui seul a dur\u0026eacute; cinq mois. Chaque fen\u0026ecirc;tre se teinte d\u0026rsquo;une couleur diff\u0026eacute;rente. A l\u0026rsquo;est, c\u0026rsquo;est du verre rose \u0026agrave; base d\u0026rsquo;or, au sud, du vert vif \u0026agrave; base d\u0026rsquo;uranium, \u0026agrave; l\u0026rsquo;ouest, une rosace orange et au nord, un verre bleu \u0026agrave; base de cobalt. En fonction de la rotation de la Terre, la lumi\u0026egrave;re du soleil p\u0026eacute;n\u0026egrave;tre par l\u0026rsquo;une ou l\u0026rsquo;autre des fen\u0026ecirc;tres et le m\u0026eacute;lange de couleurs se modifie dans la chapelle. \u0026ldquo;Je peins les murs sans les toucher\u0026rdquo;, affirme Janssens. Elle aime aussi les couleurs compl\u0026eacute;mentaires que l\u0026rsquo;on voit en bordure des vitraux ou les ombres violettes qui accompagnent la forte lumi\u0026egrave;re verte du midi.\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eL\u0026rsquo;\u0026eacute;glise accueille par ailleurs des \u0026lsquo;projections bicolores\u0026rsquo; que le spectateur actionne \u0026agrave; l\u0026rsquo;aide d\u0026rsquo;un bouton dispos\u0026eacute; pr\u0026egrave;s de la porte d\u0026rsquo;entr\u0026eacute;e. Cette porte d\u0026rsquo;entr\u0026eacute;e est perc\u0026eacute;e de petits trous, \u0026agrave; gauche et \u0026agrave; droite, \u0026agrave; des hauteurs diverses, afin que les enfants et les adultes puissent \u0026eacute;galement contempler la chapelle lorsqu\u0026rsquo;elle est ferm\u0026eacute;e. Les chaises ont \u0026eacute;t\u0026eacute; peintes en une nuance de gris qui semble absorber la couleur.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eVoir plus\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eLiliane Dewachter a \u0026eacute;crit un jour qu\u0026rsquo;Ann Veronica Janssens semble faire de l\u0026rsquo;art minimal, parce qu\u0026rsquo;elle\u0026nbsp; recourt \u0026agrave; des moyens minimaux pour nous montrer les choses. Cette remarque est importante parce qu\u0026rsquo;elle renvoie \u0026agrave; ce qu\u0026rsquo;il peut y avoir \u0026agrave; regarder et non \u0026agrave; ce qui se trouve sous nos yeux. Regarder le travail d\u0026rsquo;Ann Veronica Janssens requiert un \u0026oelig;il libre, un regard presque nonchalant. Lorsque l\u0026rsquo;on regarde \u0026lsquo;off-focus\u0026rsquo;, on voit davantage. Peut-\u0026ecirc;tre ceci d\u0026eacute;coule-t-il du fait que l\u0026rsquo;artiste elle-m\u0026ecirc;me regarde d\u0026rsquo;une fa\u0026ccedil;on moins dogmatique que nous. Ma collaboration de longue date avec elle m\u0026rsquo;am\u0026egrave;ne moi aussi \u0026agrave; voir plus souvent des \u0026lsquo;images diff\u0026eacute;r\u0026eacute;es\u0026rsquo;, des images compl\u0026eacute;mentaires ou moins \u0026eacute;videntes. Ainsi, l\u0026rsquo;\u0026eacute;t\u0026eacute; dernier \u0026agrave; Z\u0026uuml;rich,\u0026nbsp; j\u0026rsquo;\u0026eacute;tais assis sur un quai lorsque j\u0026rsquo;ai soudain aper\u0026ccedil;u des cercles lumineux non pas appara\u0026icirc;tre sur l\u0026rsquo;eau mais p\u0026eacute;n\u0026eacute;trer dans les profondeurs de l\u0026rsquo;eau. Quand on se familiarise avec l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de cette artiste, on se met \u0026agrave; regarder le monde diff\u0026eacute;remment. C\u0026rsquo;est pourquoi j\u0026rsquo;ai appel\u0026eacute; ses \u0026oelig;uvres des \u0026lsquo;propositions sculpturales\u0026rsquo;\u0026nbsp;(dans le livre \u0026lsquo;The Gliding Gaze\u0026rsquo;, Middelheimmuseum, Anvers, 2003). Ce sont des objets qui proposent un point de vue particulier et attirent l\u0026rsquo;attention sur une luminosit\u0026eacute;, une couleur ou un son \u0026agrave; peine perceptibles jusqu\u0026rsquo;alors. Ce sont des propositions car elles invitent librement \u0026agrave; une perception diff\u0026eacute;rente des choses. L\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art n\u0026rsquo;est pas une fin en soi, mais elle met en liaison avec des ph\u0026eacute;nom\u0026egrave;nes changeants et \u0026eacute;ph\u0026eacute;m\u0026egrave;res. Comme c\u0026rsquo;\u0026eacute;tait beau, ce matin o\u0026ugrave; j\u0026rsquo;ai per\u0026ccedil;u de mon bureau, dix m\u0026egrave;tres plus loin, de petits \u0026eacute;clairs lumineux sur la pelouse. Un peu plus tard, \u0026agrave; plat ventre, j\u0026rsquo;ai vu qu\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;agissait d\u0026rsquo;une minuscule goutte de ros\u0026eacute;e qui refl\u0026eacute;tait le monde entier, \u0026agrave; l\u0026rsquo;envers. Dans un balancement l\u0026eacute;ger, elle m\u0026rsquo;envoyait de secrets signaux lumineux. C\u0026rsquo;est de cette \u0026eacute;toffe qu\u0026rsquo;est fait le travail d\u0026rsquo;Ann Veronica Janssens, que ce soit sous forme de sculptures, de propositions sculpturales ou de peintures virtuelles, comme celles de la chapelle. Toute en l\u0026eacute;g\u0026egrave;ret\u0026eacute;, mais avec une nuance mena\u0026ccedil;ante, son \u0026oelig;uvre nous entra\u0026icirc;ne vers ce moment o\u0026ugrave; le temps qui passe et la fugacit\u0026eacute; des choses s\u0026rsquo;av\u0026egrave;rent in\u0026eacute;luctables.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMontagne de Miel, 25 ao\u0026ucirc;t 2014\u003c/p\u003e\r\n"},{"locale":"nl","short_description":"","description":"\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n__________\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHans Theys\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eChapelle Saint-Vincent in Grignan\u003cbr /\u003e\r\nEnkele woorden over een sculpturaal voorstel van Ann Veronica Janssens\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cem\u003eAnn Veronica Janssens (1956) is op dit ogenblik waarschijnlijk de bekendste vrouwelijke hedendaagse kunstenaar uit het Franstalige landsgedeelte. Ze woont in Brussel en heeft twee dochters. In 1979 was ze laureaat van de Prijs Jonge Belgische Schilderkunst met een werk waarmee ze afstudeerde aan La Cambre. Sindsdien formuleert ze tegen een gestaag tempo minimale sculpturale voorstellen die ons uitnodigen ruimten of bepaalde verschijnselen op een nieuwe manier te ervaren\u003c/em\u003e.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMist\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eIn 1997 vulde ze in het Antwerpse M HKA enkele zalen met verdampte olie die, vooral door de witte muren, zoldering \u0026eacute;n vloer, aan mist deed denken. In 2000 maakte ze, als toevoeging aan een choreografie van Pierre Droulers, een sculpturale installatie waarbij deze \u0026lsquo;mist\u0026rsquo; gekleurd werd met kunstlicht, dat de illusie cre\u0026euml;erde van een horizontaal gekantelde zonsondergang waar je doorheen kon wandelen. Het fascineerde haar dat je kleur, maar vooral de overgang tussen twee of meer kleuren, bijna tastbaar kon maken door middel van een vrijwel ontastbare drager. Als volgende stap cre\u0026euml;erde ze in 2001, voor een tentoonstelling in de Nationalgalerie in Berlijn, een container met transparante wanden waarop gekleurde films werden gekleefd, zodat de toeschouwers die de container betraden ondergedompeld werden in gekleurd zonlicht. In 2003 vulde ze de hele gelijkvloerse verdieping van de Kunsthalle in Bern met mist en bracht ze kleurfilms aan op de ramen. Kortom, uit die ene ingreep in het MHKA in 1997 zijn tientallen sculpturale voorstellen voortgekomen, waaronder, uiteindelijk, ook haar toevoeging aan de Chapelle Saint Vincent in het Franse Grignan.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eGesprek\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eJanssens houdt er niet van ge\u0026iuml;nterviewd te worden. Ze zal zeker nooit antwoorden op \u0026lsquo;waarom-vragen\u0026rsquo;. Ze is ook erg gesteld op de manier waarop ze een werk zelf beschrijft. Een stapeling blokken van cellenbeton die een trap verhogen tot een uitkijkpost die een bordes verlengt, noemt ze \u0026lsquo;une forme qui \u0026eacute;pouse un escalier\u0026rsquo;. Wie deze vorm anders wil beschrijven, zoals ik net deed, helpt misschien wel de lezer die het werk nooit heeft gezien, maar doet volgens Janssens afbreuk aan het werk. Daarom kan ze haar werk niet \u0026lsquo;uitleggen\u0026rsquo; en daarom heb ik haar in april 2013, een maand voor de opening van de kapel en het verschijnen van het boek dat Ronny Van de Velde erover maakte, niet ge\u0026iuml;nterviewd, maar gewoon gevraagd wat ze in de kapel had gedaan.\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eWe zitten in haar keuken. Ze vertelt dat het werk is voortgevloeid uit een wedstrijd voor een kunstintegratie in een Romaanse kapel. Deze kapel heeft vier ramen, waarin ze vier tien centimeter dikke glazen platen heeft laten plaatsen. Rond deze monolieten (zoals zij ze noemt) stroomt nog daglicht binnen en de nodige verse lucht. Na lang overleg met tal van ingenieurs werd besloten de monolieten niet in een stalen raam te vatten, maar louter 25 cm diep in de bestaande muur te laten zakken. Plaatselijke vaklieden kapten de nodige uitsparingen uit en metselden de 200 kilogram wegende ramen op de traditionele manier vast. De ramen werden gegoten in Tsjechi\u0026euml;. Het afkoelen alleen al duurde vijf maanden. Elk raam heeft een andere kleur. In het oosten werd een roos glas op basis van goud geplaatst, in het zuiden een felgroen glas op basis van uranium, in het westen een oranje rozet en in het noorden een blauw raam op basis van kobalt. Naarmate de aarde wentelt, valt het zonlicht binnen door een ander raam en mengen de kleuren zich anders in de kapel. \u0026lsquo;Ik schilder de muren zonder ze aan te raken,\u0026rsquo; vertelt Janssens. Ze houdt ook van de complementaire kleuren die te zien zijn aan de rand van de glasramen of van de violette schaduwen die geworpen worden door het felgroene licht \u0026rsquo;s middags. Verder komen er in de kerk \u0026lsquo;tweekleurige projecties\u0026rsquo;, die door de bezoeker in gang gezet kunnen worden door middel van een knopje bij de ingangspoort. In die poort werden ook gaatjes geboord, links en rechts en op allerlei hoogtes, zodat kinderen en volwassenen de gehele kapel ook kunnen zien als ze gesloten is. De stoelen werden geschilderd in een soort grijs dat kleur lijkt op te slorpen.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eMinimaal\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eLiliane Dewachter schreef ooit dat Janssens minimale kunst lijkt te maken, omdat ze minimale middelen aanwendt om ons dingen te tonen. Deze opmerking is belangrijk, omdat ze wijst op wat er te zien kan zijn en niet op wat er voor onze neus staat. Het kijken naar Janssens\u0026rsquo; werk vergt een vrij oog, een bijna nonchalante blik. Als je \u003cem\u003eoff-focus\u003c/em\u003e kijkt, zie je meer. Allicht vloeit dit voort uit het feit dat de kunstenaar zelf op een veel minder dogmatische manier kijkt dan wijzelf. Door mijn jarenlange samenwerking met haar ben ik zelf ook vaker nabeelden, complementaire of minder vanzelfsprekende beelden gaan zien, zoals vorige zomer in Z\u0026uuml;rich, waar ik zittend op de kade ineens lichtkringen niet op het water zag verschijnen, maar diep tot in het water zag doordringen. Wie vertrouwt raakt met het werk van deze kunstenaar, gaat anders naar de wereld kijken. Daarom noemde ik haar werken (in het boek \u003cem\u003eThe Gliding Gaze\u003c/em\u003e, Middelheim, 2003) ook \u0026lsquo;sculpturale voorstellen\u0026rsquo;: objecten die ons een bepaald gezichtspunt aanbieden en ons zo op een anders nauwelijks waarneembare lichtinval, kleur of klank wijzen. Het zijn voorstellen, omdat ze ons op een open manier uitnodigen iets op een nieuwe manier te ervaren. Het kunstwerk is niet het eindpunt, maar een verbinding met verschijnselen die van moment tot moment veranderen.\u0026nbsp; Hoe mooi toen ik op een ochtend vanuit mijn bureau, tien meter verder, minieme lichtflitsen waarnam die vertrokken van een plekje in het grasperk en ik even later, op mijn buik liggend, zag hoe een minuscule dauwdruppel de hele wereld ondersteboven weerspiegelde en zachtjes schommelend zijn geheime lichtsignalen naar mij had gezonden! Van zo\u0026rsquo;n stof is dit werk gemaakt, in de vorm van sculpturen, sculpturale voorstellen of, in het geval van de kapel, virtuele schilderingen. Lichtvoetig, maar met een dreigende ondertoon, omdat dit werk ons in het moment lokt, waar de verglijdende tijd en de vergankelijkheid onontkoombaar worden.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMontagne de Miel, 25 augustus 2014\u003c/p\u003e\r\n"},{"locale":"fr","short_description":"","description":"\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n__________\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHans Theys\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eChapelle Saint-Vincent \u0026agrave; Grignan\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eA propos d\u0026rsquo;une proposition sculpturale de Ann Veronica Janssens\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cem\u003eActuellement, Ann Veronica Janssens (\u0026deg;1956) est sans doute l\u0026rsquo;artiste f\u0026eacute;minine contemporaine la plus c\u0026eacute;l\u0026egrave;bre de la partie francophone de notre pays. En 1979, elle a \u0026eacute;t\u0026eacute; la laur\u0026eacute;ate du Prix Jeune Peinture belge avec un travail de fin d\u0026rsquo;\u0026eacute;tudes \u0026agrave; La Cambre. Depuis lors, c\u0026rsquo;est \u0026agrave; une cadence ininterrompue qu\u0026rsquo;elle formule des propositions sculpturales minimales qui invitent \u0026agrave; une perception nouvelle de certains espaces ou ph\u0026eacute;nom\u0026egrave;nes. \u003c/em\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nBrouillard\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eEn 1997, elle remplit quelques salles du M HKA \u0026agrave; Anvers d\u0026rsquo;une vapeur d\u0026rsquo;huile qui, conjugu\u0026eacute;e aux murs, plafond et sol blancs, \u0026eacute;voque un banc de brume. En 2000, elle r\u0026eacute;alise, en compl\u0026eacute;ment \u0026agrave; une chor\u0026eacute;graphie de Pierre Droulers, une installation sculpturale o\u0026ugrave; ce brouillard se teinte de lumi\u0026egrave;re artificielle, cr\u0026eacute;ant l\u0026rsquo;illusion d\u0026rsquo;un coucher de soleil qui aurait bascul\u0026eacute; \u0026agrave; l\u0026rsquo;horizontale et dans lequel on peut se promener. Ce qui la fascine, c\u0026rsquo;est le fait que l\u0026rsquo;on puisse rendre presque tangible le passage entre deux ou plusieurs couleurs \u0026agrave; l\u0026rsquo;aide d\u0026rsquo;un support pratiquement intangible. En 2001, \u0026agrave; l\u0026rsquo;occasion d\u0026rsquo;une exposition \u0026agrave; la Nationalgalerie de Berlin, elle fait un pas de plus en collant des films color\u0026eacute;s sur les parois transparentes d\u0026rsquo;un container; les spectateurs qui p\u0026eacute;n\u0026egrave;trent dans l\u0026rsquo;espace se retrouvent plong\u0026eacute;s dans une lumi\u0026egrave;re de jour color\u0026eacute;e. En 2003, elle remplit de brouillard tout le rez-de-chauss\u0026eacute;e de la Kunsthalle de Bern et colle des films couleurs sur les fen\u0026ecirc;tres. En un mot, de cette intervention unique en 1997 au M HKA sont issues des dizaines de propositions sculpturales dont, finalement, sa contribution \u0026agrave; la Chapelle Saint-Vincent \u0026agrave; Grignan.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eLangage de la lumi\u0026egrave;re\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eAnn Veronica Janssens n\u0026rsquo;aime pas les interviews. Elle ne r\u0026eacute;pond pas aux questions qui commencent par \u0026lsquo;pourquoi\u0026rsquo;. Elle tient \u0026eacute;galement \u0026agrave; sa propre description de ses \u0026oelig;uvres. Un amoncellement de blocs de b\u0026eacute;ton cellulaire qui surhaussent un escalier et le transforment en un poste de guet situ\u0026eacute; dans le prolongement de celui-ci, est d\u0026eacute;crit par elle comme \u0026ldquo;une forme qui \u0026eacute;pouse un escalier\u0026rdquo;. Celui qui veut d\u0026eacute;crire cette forme diff\u0026eacute;remment, comme je viens de faire, aidera peut-\u0026ecirc;tre le spectateur qui n\u0026rsquo;a jamais vu l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre, mais selon Ann Veronica Janssens, il porte \u0026eacute;galement pr\u0026eacute;judice \u0026agrave; cette \u0026oelig;uvre. C\u0026rsquo;est pourquoi elle ne peut pas \u0026ldquo;expliquer\u0026rdquo; son travail, et c\u0026rsquo;est pourquoi, en avril 2013, un mois avant l\u0026rsquo;ouverture de la chapelle et la publication du livre que lui consacre\u0026nbsp; Ronny Van de Velde, je ne l\u0026rsquo;ai pas interview\u0026eacute;e mais je lui ai simplement demand\u0026eacute; ce qu\u0026rsquo;elle a fait dans la chapelle.\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eNous sommes install\u0026eacute;s dans sa cuisine. Elle raconte que ce travail est issu d\u0026rsquo;un concours pour l\u0026rsquo;int\u0026eacute;gration d\u0026rsquo;une \u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art dans une chapelle romane. Cette chapelle pr\u0026eacute;sente quatre fen\u0026ecirc;tres o\u0026ugrave; Ann Veronica Janssens a fait placer quatre plaques de verre de dix centim\u0026egrave;tres d\u0026rsquo;\u0026eacute;paisseur. Autour de ces \u0026ldquo;monolithes\u0026rdquo;, comme elle les appelle, la lumi\u0026egrave;re du jour et l\u0026rsquo;air affluent. Apr\u0026egrave;s de longs conciliabules avec des ing\u0026eacute;nieurs, il a \u0026eacute;t\u0026eacute; d\u0026eacute;cid\u0026eacute; de ne pas int\u0026eacute;grer les monolithes \u0026agrave; un ch\u0026acirc;ssis en acier, mais de les ins\u0026eacute;rer \u0026agrave; 25 cm de profondeur dans le mur existant. Des corps de m\u0026eacute;tier locaux ont pratiqu\u0026eacute; les d\u0026eacute;coupes et ma\u0026ccedil;onn\u0026eacute; les fen\u0026ecirc;tres de 200 kilos pour les ench\u0026acirc;sser dans le mur de mani\u0026egrave;re traditionnelle. Les plaques de verre ont \u0026eacute;t\u0026eacute; coul\u0026eacute;es en Tch\u0026eacute;quie. Leur refroidissement \u0026agrave; lui seul a dur\u0026eacute; cinq mois. Chaque fen\u0026ecirc;tre se teinte d\u0026rsquo;une couleur diff\u0026eacute;rente. A l\u0026rsquo;est, c\u0026rsquo;est du verre rose \u0026agrave; base d\u0026rsquo;or, au sud, du vert vif \u0026agrave; base d\u0026rsquo;uranium, \u0026agrave; l\u0026rsquo;ouest, une rosace orange et au nord, un verre bleu \u0026agrave; base de cobalt. En fonction de la rotation de la Terre, la lumi\u0026egrave;re du soleil p\u0026eacute;n\u0026egrave;tre par l\u0026rsquo;une ou l\u0026rsquo;autre des fen\u0026ecirc;tres et le m\u0026eacute;lange de couleurs se modifie dans la chapelle. \u0026ldquo;Je peins les murs sans les toucher\u0026rdquo;, affirme Janssens. Elle aime aussi les couleurs compl\u0026eacute;mentaires que l\u0026rsquo;on voit en bordure des vitraux ou les ombres violettes qui accompagnent la forte lumi\u0026egrave;re verte du midi.\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eL\u0026rsquo;\u0026eacute;glise accueille par ailleurs des \u0026lsquo;projections bicolores\u0026rsquo; que le spectateur actionne \u0026agrave; l\u0026rsquo;aide d\u0026rsquo;un bouton dispos\u0026eacute; pr\u0026egrave;s de la porte d\u0026rsquo;entr\u0026eacute;e. Cette porte d\u0026rsquo;entr\u0026eacute;e est perc\u0026eacute;e de petits trous, \u0026agrave; gauche et \u0026agrave; droite, \u0026agrave; des hauteurs diverses, afin que les enfants et les adultes puissent \u0026eacute;galement contempler la chapelle lorsqu\u0026rsquo;elle est ferm\u0026eacute;e. Les chaises ont \u0026eacute;t\u0026eacute; peintes en une nuance de gris qui semble absorber la couleur.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eVoir plus\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eLiliane Dewachter a \u0026eacute;crit un jour qu\u0026rsquo;Ann Veronica Janssens semble faire de l\u0026rsquo;art minimal, parce qu\u0026rsquo;elle\u0026nbsp; recourt \u0026agrave; des moyens minimaux pour nous montrer les choses. Cette remarque est importante parce qu\u0026rsquo;elle renvoie \u0026agrave; ce qu\u0026rsquo;il peut y avoir \u0026agrave; regarder et non \u0026agrave; ce qui se trouve sous nos yeux. Regarder le travail d\u0026rsquo;Ann Veronica Janssens requiert un \u0026oelig;il libre, un regard presque nonchalant. Lorsque l\u0026rsquo;on regarde \u0026lsquo;off-focus\u0026rsquo;, on voit davantage. Peut-\u0026ecirc;tre ceci d\u0026eacute;coule-t-il du fait que l\u0026rsquo;artiste elle-m\u0026ecirc;me regarde d\u0026rsquo;une fa\u0026ccedil;on moins dogmatique que nous. Ma collaboration de longue date avec elle m\u0026rsquo;am\u0026egrave;ne moi aussi \u0026agrave; voir plus souvent des \u0026lsquo;images diff\u0026eacute;r\u0026eacute;es\u0026rsquo;, des images compl\u0026eacute;mentaires ou moins \u0026eacute;videntes. Ainsi, l\u0026rsquo;\u0026eacute;t\u0026eacute; dernier \u0026agrave; Z\u0026uuml;rich,\u0026nbsp; j\u0026rsquo;\u0026eacute;tais assis sur un quai lorsque j\u0026rsquo;ai soudain aper\u0026ccedil;u des cercles lumineux non pas appara\u0026icirc;tre sur l\u0026rsquo;eau mais p\u0026eacute;n\u0026eacute;trer dans les profondeurs de l\u0026rsquo;eau. Quand on se familiarise avec l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de cette artiste, on se met \u0026agrave; regarder le monde diff\u0026eacute;remment. C\u0026rsquo;est pourquoi j\u0026rsquo;ai appel\u0026eacute; ses \u0026oelig;uvres des \u0026lsquo;propositions sculpturales\u0026rsquo;\u0026nbsp;(dans le livre \u0026lsquo;The Gliding Gaze\u0026rsquo;, Middelheimmuseum, Anvers, 2003). Ce sont des objets qui proposent un point de vue particulier et attirent l\u0026rsquo;attention sur une luminosit\u0026eacute;, une couleur ou un son \u0026agrave; peine perceptibles jusqu\u0026rsquo;alors. Ce sont des propositions car elles invitent librement \u0026agrave; une perception diff\u0026eacute;rente des choses. L\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art n\u0026rsquo;est pas une fin en soi, mais elle met en liaison avec des ph\u0026eacute;nom\u0026egrave;nes changeants et \u0026eacute;ph\u0026eacute;m\u0026egrave;res. Comme c\u0026rsquo;\u0026eacute;tait beau, ce matin o\u0026ugrave; j\u0026rsquo;ai per\u0026ccedil;u de mon bureau, dix m\u0026egrave;tres plus loin, de petits \u0026eacute;clairs lumineux sur la pelouse. Un peu plus tard, \u0026agrave; plat ventre, j\u0026rsquo;ai vu qu\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;agissait d\u0026rsquo;une minuscule goutte de ros\u0026eacute;e qui refl\u0026eacute;tait le monde entier, \u0026agrave; l\u0026rsquo;envers. Dans un balancement l\u0026eacute;ger, elle m\u0026rsquo;envoyait de secrets signaux lumineux. C\u0026rsquo;est de cette \u0026eacute;toffe qu\u0026rsquo;est fait le travail d\u0026rsquo;Ann Veronica Janssens, que ce soit sous forme de sculptures, de propositions sculpturales ou de peintures virtuelles, comme celles de la chapelle. Toute en l\u0026eacute;g\u0026egrave;ret\u0026eacute;, mais avec une nuance mena\u0026ccedil;ante, son \u0026oelig;uvre nous entra\u0026icirc;ne vers ce moment o\u0026ugrave; le temps qui passe et la fugacit\u0026eacute; des choses s\u0026rsquo;av\u0026egrave;rent in\u0026eacute;luctables.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMontagne de Miel, 25 ao\u0026ucirc;t 2014\u003c/p\u003e\r\n"},{"locale":"ru","short_description":"","description":""},{"locale":"de","short_description":"","description":"\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n__________\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHans Theys\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eChapelle Saint-Vincent \u0026agrave; Grignan\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eA propos d\u0026rsquo;une proposition sculpturale de Ann Veronica Janssens\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cem\u003eActuellement, Ann Veronica Janssens (\u0026deg;1956) est sans doute l\u0026rsquo;artiste f\u0026eacute;minine contemporaine la plus c\u0026eacute;l\u0026egrave;bre de la partie francophone de notre pays. En 1979, elle a \u0026eacute;t\u0026eacute; la laur\u0026eacute;ate du Prix Jeune Peinture belge avec un travail de fin d\u0026rsquo;\u0026eacute;tudes \u0026agrave; La Cambre. Depuis lors, c\u0026rsquo;est \u0026agrave; une cadence ininterrompue qu\u0026rsquo;elle formule des propositions sculpturales minimales qui invitent \u0026agrave; une perception nouvelle de certains espaces ou ph\u0026eacute;nom\u0026egrave;nes. \u003c/em\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nBrouillard\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eEn 1997, elle remplit quelques salles du M HKA \u0026agrave; Anvers d\u0026rsquo;une vapeur d\u0026rsquo;huile qui, conjugu\u0026eacute;e aux murs, plafond et sol blancs, \u0026eacute;voque un banc de brume. En 2000, elle r\u0026eacute;alise, en compl\u0026eacute;ment \u0026agrave; une chor\u0026eacute;graphie de Pierre Droulers, une installation sculpturale o\u0026ugrave; ce brouillard se teinte de lumi\u0026egrave;re artificielle, cr\u0026eacute;ant l\u0026rsquo;illusion d\u0026rsquo;un coucher de soleil qui aurait bascul\u0026eacute; \u0026agrave; l\u0026rsquo;horizontale et dans lequel on peut se promener. Ce qui la fascine, c\u0026rsquo;est le fait que l\u0026rsquo;on puisse rendre presque tangible le passage entre deux ou plusieurs couleurs \u0026agrave; l\u0026rsquo;aide d\u0026rsquo;un support pratiquement intangible. En 2001, \u0026agrave; l\u0026rsquo;occasion d\u0026rsquo;une exposition \u0026agrave; la Nationalgalerie de Berlin, elle fait un pas de plus en collant des films color\u0026eacute;s sur les parois transparentes d\u0026rsquo;un container; les spectateurs qui p\u0026eacute;n\u0026egrave;trent dans l\u0026rsquo;espace se retrouvent plong\u0026eacute;s dans une lumi\u0026egrave;re de jour color\u0026eacute;e. En 2003, elle remplit de brouillard tout le rez-de-chauss\u0026eacute;e de la Kunsthalle de Bern et colle des films couleurs sur les fen\u0026ecirc;tres. En un mot, de cette intervention unique en 1997 au M HKA sont issues des dizaines de propositions sculpturales dont, finalement, sa contribution \u0026agrave; la Chapelle Saint-Vincent \u0026agrave; Grignan.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eLangage de la lumi\u0026egrave;re\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eAnn Veronica Janssens n\u0026rsquo;aime pas les interviews. Elle ne r\u0026eacute;pond pas aux questions qui commencent par \u0026lsquo;pourquoi\u0026rsquo;. Elle tient \u0026eacute;galement \u0026agrave; sa propre description de ses \u0026oelig;uvres. Un amoncellement de blocs de b\u0026eacute;ton cellulaire qui surhaussent un escalier et le transforment en un poste de guet situ\u0026eacute; dans le prolongement de celui-ci, est d\u0026eacute;crit par elle comme \u0026ldquo;une forme qui \u0026eacute;pouse un escalier\u0026rdquo;. Celui qui veut d\u0026eacute;crire cette forme diff\u0026eacute;remment, comme je viens de faire, aidera peut-\u0026ecirc;tre le spectateur qui n\u0026rsquo;a jamais vu l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre, mais selon Ann Veronica Janssens, il porte \u0026eacute;galement pr\u0026eacute;judice \u0026agrave; cette \u0026oelig;uvre. C\u0026rsquo;est pourquoi elle ne peut pas \u0026ldquo;expliquer\u0026rdquo; son travail, et c\u0026rsquo;est pourquoi, en avril 2013, un mois avant l\u0026rsquo;ouverture de la chapelle et la publication du livre que lui consacre\u0026nbsp; Ronny Van de Velde, je ne l\u0026rsquo;ai pas interview\u0026eacute;e mais je lui ai simplement demand\u0026eacute; ce qu\u0026rsquo;elle a fait dans la chapelle.\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eNous sommes install\u0026eacute;s dans sa cuisine. Elle raconte que ce travail est issu d\u0026rsquo;un concours pour l\u0026rsquo;int\u0026eacute;gration d\u0026rsquo;une \u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art dans une chapelle romane. Cette chapelle pr\u0026eacute;sente quatre fen\u0026ecirc;tres o\u0026ugrave; Ann Veronica Janssens a fait placer quatre plaques de verre de dix centim\u0026egrave;tres d\u0026rsquo;\u0026eacute;paisseur. Autour de ces \u0026ldquo;monolithes\u0026rdquo;, comme elle les appelle, la lumi\u0026egrave;re du jour et l\u0026rsquo;air affluent. Apr\u0026egrave;s de longs conciliabules avec des ing\u0026eacute;nieurs, il a \u0026eacute;t\u0026eacute; d\u0026eacute;cid\u0026eacute; de ne pas int\u0026eacute;grer les monolithes \u0026agrave; un ch\u0026acirc;ssis en acier, mais de les ins\u0026eacute;rer \u0026agrave; 25 cm de profondeur dans le mur existant. Des corps de m\u0026eacute;tier locaux ont pratiqu\u0026eacute; les d\u0026eacute;coupes et ma\u0026ccedil;onn\u0026eacute; les fen\u0026ecirc;tres de 200 kilos pour les ench\u0026acirc;sser dans le mur de mani\u0026egrave;re traditionnelle. Les plaques de verre ont \u0026eacute;t\u0026eacute; coul\u0026eacute;es en Tch\u0026eacute;quie. Leur refroidissement \u0026agrave; lui seul a dur\u0026eacute; cinq mois. Chaque fen\u0026ecirc;tre se teinte d\u0026rsquo;une couleur diff\u0026eacute;rente. A l\u0026rsquo;est, c\u0026rsquo;est du verre rose \u0026agrave; base d\u0026rsquo;or, au sud, du vert vif \u0026agrave; base d\u0026rsquo;uranium, \u0026agrave; l\u0026rsquo;ouest, une rosace orange et au nord, un verre bleu \u0026agrave; base de cobalt. En fonction de la rotation de la Terre, la lumi\u0026egrave;re du soleil p\u0026eacute;n\u0026egrave;tre par l\u0026rsquo;une ou l\u0026rsquo;autre des fen\u0026ecirc;tres et le m\u0026eacute;lange de couleurs se modifie dans la chapelle. \u0026ldquo;Je peins les murs sans les toucher\u0026rdquo;, affirme Janssens. Elle aime aussi les couleurs compl\u0026eacute;mentaires que l\u0026rsquo;on voit en bordure des vitraux ou les ombres violettes qui accompagnent la forte lumi\u0026egrave;re verte du midi.\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eL\u0026rsquo;\u0026eacute;glise accueille par ailleurs des \u0026lsquo;projections bicolores\u0026rsquo; que le spectateur actionne \u0026agrave; l\u0026rsquo;aide d\u0026rsquo;un bouton dispos\u0026eacute; pr\u0026egrave;s de la porte d\u0026rsquo;entr\u0026eacute;e. Cette porte d\u0026rsquo;entr\u0026eacute;e est perc\u0026eacute;e de petits trous, \u0026agrave; gauche et \u0026agrave; droite, \u0026agrave; des hauteurs diverses, afin que les enfants et les adultes puissent \u0026eacute;galement contempler la chapelle lorsqu\u0026rsquo;elle est ferm\u0026eacute;e. Les chaises ont \u0026eacute;t\u0026eacute; peintes en une nuance de gris qui semble absorber la couleur.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eVoir plus\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eLiliane Dewachter a \u0026eacute;crit un jour qu\u0026rsquo;Ann Veronica Janssens semble faire de l\u0026rsquo;art minimal, parce qu\u0026rsquo;elle\u0026nbsp; recourt \u0026agrave; des moyens minimaux pour nous montrer les choses. Cette remarque est importante parce qu\u0026rsquo;elle renvoie \u0026agrave; ce qu\u0026rsquo;il peut y avoir \u0026agrave; regarder et non \u0026agrave; ce qui se trouve sous nos yeux. Regarder le travail d\u0026rsquo;Ann Veronica Janssens requiert un \u0026oelig;il libre, un regard presque nonchalant. Lorsque l\u0026rsquo;on regarde \u0026lsquo;off-focus\u0026rsquo;, on voit davantage. Peut-\u0026ecirc;tre ceci d\u0026eacute;coule-t-il du fait que l\u0026rsquo;artiste elle-m\u0026ecirc;me regarde d\u0026rsquo;une fa\u0026ccedil;on moins dogmatique que nous. Ma collaboration de longue date avec elle m\u0026rsquo;am\u0026egrave;ne moi aussi \u0026agrave; voir plus souvent des \u0026lsquo;images diff\u0026eacute;r\u0026eacute;es\u0026rsquo;, des images compl\u0026eacute;mentaires ou moins \u0026eacute;videntes. Ainsi, l\u0026rsquo;\u0026eacute;t\u0026eacute; dernier \u0026agrave; Z\u0026uuml;rich,\u0026nbsp; j\u0026rsquo;\u0026eacute;tais assis sur un quai lorsque j\u0026rsquo;ai soudain aper\u0026ccedil;u des cercles lumineux non pas appara\u0026icirc;tre sur l\u0026rsquo;eau mais p\u0026eacute;n\u0026eacute;trer dans les profondeurs de l\u0026rsquo;eau. Quand on se familiarise avec l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de cette artiste, on se met \u0026agrave; regarder le monde diff\u0026eacute;remment. C\u0026rsquo;est pourquoi j\u0026rsquo;ai appel\u0026eacute; ses \u0026oelig;uvres des \u0026lsquo;propositions sculpturales\u0026rsquo;\u0026nbsp;(dans le livre \u0026lsquo;The Gliding Gaze\u0026rsquo;, Middelheimmuseum, Anvers, 2003). Ce sont des objets qui proposent un point de vue particulier et attirent l\u0026rsquo;attention sur une luminosit\u0026eacute;, une couleur ou un son \u0026agrave; peine perceptibles jusqu\u0026rsquo;alors. Ce sont des propositions car elles invitent librement \u0026agrave; une perception diff\u0026eacute;rente des choses. L\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art n\u0026rsquo;est pas une fin en soi, mais elle met en liaison avec des ph\u0026eacute;nom\u0026egrave;nes changeants et \u0026eacute;ph\u0026eacute;m\u0026egrave;res. Comme c\u0026rsquo;\u0026eacute;tait beau, ce matin o\u0026ugrave; j\u0026rsquo;ai per\u0026ccedil;u de mon bureau, dix m\u0026egrave;tres plus loin, de petits \u0026eacute;clairs lumineux sur la pelouse. Un peu plus tard, \u0026agrave; plat ventre, j\u0026rsquo;ai vu qu\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;agissait d\u0026rsquo;une minuscule goutte de ros\u0026eacute;e qui refl\u0026eacute;tait le monde entier, \u0026agrave; l\u0026rsquo;envers. Dans un balancement l\u0026eacute;ger, elle m\u0026rsquo;envoyait de secrets signaux lumineux. C\u0026rsquo;est de cette \u0026eacute;toffe qu\u0026rsquo;est fait le travail d\u0026rsquo;Ann Veronica Janssens, que ce soit sous forme de sculptures, de propositions sculpturales ou de peintures virtuelles, comme celles de la chapelle. Toute en l\u0026eacute;g\u0026egrave;ret\u0026eacute;, mais avec une nuance mena\u0026ccedil;ante, son \u0026oelig;uvre nous entra\u0026icirc;ne vers ce moment o\u0026ugrave; le temps qui passe et la fugacit\u0026eacute; des choses s\u0026rsquo;av\u0026egrave;rent in\u0026eacute;luctables.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMontagne de Miel, 25 ao\u0026ucirc;t 2014\u003c/p\u003e\r\n"},{"locale":"es","short_description":"","description":""},{"locale":"el","short_description":"","description":""}],"actors":[{"id":281,"name":"Ann Veronica Janssens","category":{"en":"Author","nl":"Auteur","fr":"Auteur"}}]}